AFD – FISONG « Alphabétisation des jeunes et des femmes au Sahel »

Dossiers à déposer avant le 30 avril 2018



AFD – FISONG « Alphabétisation des jeunes et des femmes au Sahel »

La finalité de la FISONG « Alphabétisation des jeunes et des femmes au Sahel » est d’appuyer la mise en œuvre de pratiques innovantes visant à améliorer l’offre ou l’accessibilité à des programmes d’alphabétisation. A travers cette FISONG, l’AFD recherche les articulations possibles entre les interventions actuellement en cours et les actions des ONG, en amont, pendant ou en aval de ses projets. A terme, il s’agira donc de tirer les leçons des approches proposées par les ONG pour des actions ultérieures, tant de l’AFD que des pays cibles ou autres pays.
 
La FISONG doit ainsi permettre de financer des projets innovants présentant notamment les caractéristiques suivantes :
  • Identifier les solutions susceptibles d’être intégrées dans les politiques publiques, y compris le développement d’outils pour l’alphabétisation fonctionnelle qui puissent être adaptés et déployés largement ;
  • Développer les liens entres les différentes strates de la stratégie sectorielle ;
  • Réfléchir à la pérennité des interventions en inscrivant les projets dans les politiques sectorielles dès la phase d’instruction du projet
  • Lignes directrices générales
  • Périmètre thématique
 
La FISONG est une occasion pour l’AFD et les ONG de réfléchir à la conception de modèles efficients et soutenables d’intervention dans les pays ciblés permettant ainsi d’améliorer la résilience des populations face aux vulnérabilités liées aux risques de l’analphabétisme.
 
Il vise prioritairement :
 
Les jeunes analphabètes de 16 à 24 ans, avec une extension possible à 35 ans ;
Les femmes, et en particulier les jeunes mères.
L’initiative proposée devra s’articuler avec les autres initiatives et/ou stratégies adressées aux mêmes populations (Ministère ; Collectivités territoriales ; ONG locales ; PTF). Elle prendra également en considération la place et le rôle d’autres démarches sous sectorielles sur le problème de l’alphabétisation notamment Education Non Formelle et Formation Professionnelle. Pour mieux approcher ces questions une description rapide des stratégies en cours est présentée en annexe, de même qu’un état statistique de base.
 
Le projet proposé doit, sur la période, conduire à des résultats concrets pour les populations : un projet de diagnostic seul ne serait pas qualifié.
 
Périmètre géographique (pays)
Les projets proposés concerneront les pays suivants :
- Burkina Faso
- Mali
- Mauritanie
- Niger
- Tchad
Les zones frontières pourront être prises en compte dans une logique de partage d’expérience et de cohérence des bassins de population. Les interventions dans des zones où les conditions sécuritaires sont volatiles sont possibles, mais les propositions devront démontrées la prise en compte des questions de sécurité par l’ONG et les mesures de mitigation sur les impacts attendus du projet.
 
Critères de réflexion et de sélection
 
Durée des projets
Si la durée moyenne d’un projet FISONG est de trois ans, il paraît souhaitable (prise en compte d’une post alphabétisation professionnalisante par exemple ou démarches de collaboration institutionnelle) en la circonstance qu’un projet sur 4 ans soit élaboré. Toutefois ces interventions plus longues soumises à la FISONG, ne sauraient excéder cinq ans. De plus une évaluation à mi-parcours sera nécessaire. Cette évaluation devra être intégrée au plan de financement et au pilotage du projet.
 
Bénéficiaires
Au sein des deux grandes catégories précédemment évoquées, les bénéficiaires à cibler prioritairement seront les populations :
 
Issues de territoires (urbains ou ruraux) marginalisés ;

Peu sensibles ou disponibles au regard des dispositifs actuellement en cours.
Les propositions de projet couvrant des territoires dans lesquels le fonctionnement des services publics est particulièrement réduit, tels que les bidonvilles, les quartiers informels et les quartiers sensibles (violences urbaines) seront privilégiés.
 
Modalités d’intervention
Les ONG devront respecter les principes d’action suivants :
 
– Concertation en amont et au cours de la mise en œuvre du projet, pour veiller à l’appropriation par les populations d’une part et les acteurs, locaux et nationaux, d’autre part ;
 
– Privilégier autant que possible une logique de renforcement qualitatif de l’existant plutôt que création de nouveaux dispositifs ;
 
– Contribution aux politiques publiques en cours ou en préparation ;
 
– Renforcement des acteurs institutionnels et accompagnement des autorités locales.
 
Les ONG devront mettre en œuvre des méthodes d’interventions innovantes de diagnostic en concertation avec les acteurs. L’utilisation des nouvelles technologies et des outils numériques adaptées au contexte local (infrastructures, niveau d’équipement des acteurs locaux, capacité des populations) est un des enjeux essentiels de cette FISONG.
 
Les projets doivent être conçus sur la base de diagnostics initiaux (issus de la connaissance antérieure du contexte et à compléter en début de projet) participatif incluant à minima une analyse des rapports de genre et d’âge ainsi qu’une analyse des facteurs de vulnérabilité liés à l’analphabétisme.
 
Une approche partenariale est fortement recommandée, en particulier avec des ONG locales, le secteur privé, mais aussi avec des centres de recherche, notamment en lien avec le dispositif RAMAA II (en cours dans les pays ciblés sauf en Mauritanie)
 
Au regard de la complexité de la thématique et de l’éventail de compétence requis, les propositions de consortium sont autorisées et encouragées.
 
Pérennité et réplication

Les ONG doivent démontrer la pérennité à moyen et long termes des approches proposées. Cela pourra être traité notamment par des actions de sensibilisation et mobilisation des populations, des activités de renforcement de capacités, une clarification des rôles et responsabilités des parties prenantes, ainsi que par une réflexion sur le modèle économique proposé etc.
 
Les stratégies d’institutionnalisation des acteurs et des pratiques soutenues par les projets devront être explicitées. Dans ce cadre, une attention particulière sera accordée à la capacité de dialogue des ONG avec les autorités locales et/ou nationales. De même, le potentiel de réplication et/ou passage à l’échelle devra être clairement explicité. L’ensemble des pratiques innovantes, comme la méthodologie utilisée pour le diagnostic initial, devront être documentées de telle sorte qu’elles puissent être réitérées ultérieurement par un tiers.
 
De même la question du coût unitaire (coût d’une année d’alphabétisation d’une part et d’un cursus d’alphabétisation professionnalisante) sera abordée et pris en considération dans la mise en œuvre du projet. Dans la même logique, les coûts liés aux achats d’équipements devront faire l’objet d’une justification solide et être accompagné d’une stratégie de pérennisation.
 
Suivi et évaluation
Les ONG proposeront un dispositif de suivi-évaluation tant des activités/dispositifs que des bénéficiaires qu’elles entendent mettre en œuvre. Elles définiront des indicateurs de résultats attendus et la façon dont ils seront mesurés et discutés entre les parties prenantes. Ces dispositifs devront également rendre compte spécifiquement de l’approche visant à réduire les inégalités ciblées. L’ONG devra quantifier l’étendue et les signes de durabilité des impacts sur les populations. Dans ce cadre la question de la certification des bénéficiaires devra trouver sa place.
 
Démarche d’innovation et capitalisation
Les ONG devront expliciter le caractère innovant, au regard des stratégies en cours, de leurs propositions et détailler les hypothèses et questions sous-jacentes. S’il ne s’agit pas à coup sûr de faire du neuf – et moins encore de l’inédit – l’innovation FISONG doit surtout apporter un plus value aux stratégies en cours dans le ou les pays. Dans cette perspective des indicateurs permettant d’évaluer la pertinence de la démarche proposée devront être inclus au mécanisme de suivi et évaluation du projet.
 
La capitalisation est un objectif essentiel de la FISONG. Chaque ONG devra mettre en place un dispositif de capitalisation intégré au projet (une approche de recherche-action est également encouragée). En complément, un dispositif transversal de capitalisation et recherche sera porté par l’AFD. L’objectif de la composante transversale est de faire bénéficier l’ensemble des acteurs concernés des leçons apprises sur chaque projet soutenu par la FISONG, de les mettre en perspective et de les enrichir en échangeant avec d’autres initiatives traitant de l’alphabétisation des jeunes et des femmes.
 
De plus, dans cette perspective et comme évoqué précédemment, les liens avec des équipes de recherches locales (mise en place d’une recherche action plus particulièrement dans le cadre de RAMAA II) seront à prendre en considération[1]. Au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad ces potentialités existent et devraient permettre d’approfondir l’impact du projet développé.
 
Cadrage budgétaire
Cette FISONG est dotée d’un montant de 2,5 millions d’euros. Elle vise à financer 1 à 2 projets d’une durée comprise entre 3 ans et 5 ans. Un dispositif d’évaluation/capitalisation devra être précisé et chiffré budgétairement Le budget consacré à la recherche-action et à la capitalisation devra être de l’ordre de 10% du budget du projet.
 
Un projet FISONG peut être cofinancé à hauteur de 90% maximum du budget total du projet soumis. Les 10% restant ne doivent pas être de la valorisation.
 
Le plan de financement soumis par l’ONG devra intégrer un montant forfaitaire minimum de 2% du montant total du projet pour la réalisation d’audits externes. Ce montant sera mobilisé directement par l’ONG qui contractualisera avec un cabinet d’audit externe pour assurer la vérification des dépenses effectuées.
 
[1] Sur ce point : UIL-UNESCO, Pourquoi la RAMAA est importante pour le secteur de l’alphabétisation : témoignage de pays, 2016
 
La sélection est effectuée sur la base d’une note projet accompagnée d’un dossier administratif relatif à l’ONG soumettant la demande de cofinancement. Le dossier complet est remis par les ONG dans un délai de 12 semaines à compter de la publication de l’appel à propositions, soit une remise du dossier complet au plus tard le lundi 30 avril 2018 à midi à l’AFD Paris.

Pour plus d’informations, veuillez consulter le site de l’AFD dans la rubrique FISONG. Pour télécharger directement l’appel à proposition, veuillez suivre ce lien.