AlimenTERRE, campagne d’éducation au développement

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AlimenTERRE est une campagne d’éducation au développement

Elle vise chaque année, de mi-octobre à fin novembre, à informer l’opinion publique sur les causes de la faim dans le monde et à promouvoir le respect du droit à l’alimentation et à la souveraineté alimentaire en soutenant l’agriculture familiale au Nord comme au Sud. Une thématique est identifiée chaque année en lien avec l’actualité. Elle est relayée par les associations et se déroule en deux temps forts : -Des ciné-débats dans toute la France, au Luxembourg et au Togo. -Et d’autres animations (conférences, marchés, concerts…).

Le libre-échange progresse… la faim progresse aussi !
Avril 2008, des émeutes de la faim éclatent un peu partout à Haïti, au Sénégal, aux Philippines ou en Indonésie … La raison : une hausse brutale des prix agricoles qui rend inaccessible les produits alimentaires de base aux populations pauvres. Ce cri d’alarme poussé par des populations urbaines, a mis en lumière la terrible dépendance des pays pauvres vis-à-vis des importations alimentaires et l’extrême pauvreté de familles pour qui un surcoût alimentaire dépasse les limites du supportable. Mais la faim frappe depuis longtemps hors du champ médiatique. Elle touche avant tout les populations rurales et notamment des paysans qui ne parviennent pas à vivre de leurs productions. Le 19 juin 2009, la FAO publiait de nouveaux chiffres : la faim dans le monde atteindrait un niveau historique en 2009 puisque l’humanité comptera 1 milliard 20 millions de personnes victimes de la faim.

Pourquoi en est-on arrivé là ?
Au cours des années 1980 et 1990, le Fond monétaire international et la Banque mondiale ont accordé de nouveaux prêts aux États des pays en développement, déjà surendettés, en contrepartie de l’adoption de « plan d’ajustement structurel ». Ces politiques consistaient notamment à libéraliser l’agriculture en éliminant les programmes nationaux d’aide aux petits producteurs et à favoriser les cultures de rentes (coton, cacao, café) pour fournir les pays du Nord et ainsi avoir des devises pour rembourser la dette. Dans les faits, la libéralisation agricole a appauvri les agriculteurs familiaux des pays du Sud en les mettant en concurrence directe avec des agricultures dont les moyens de production sont sans commune mesure (techniques agricoles, motorisation, subventions, etc.). Aujourd’hui, 75 % des personnes pauvres dans le monde vivent en zone rurale.

Investir dans l’agriculture familiale :
Selon Jacques Diouf, directeur général de la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), « les investissements dans l’agriculture doivent être largement augmentés car, pour la majorité des pays pauvres, la bonne santé de ce secteur est fondamentale pour surmonter la pauvreté et la faim et constitue aussi une condition préalable à la croissance économique générale ». Il s’agit de défendre une agriculture familiale, qui permette à un maximum de paysans répartis sur tout le territoire de vivre décemment de leur activité, en produisant sur des exploitations à taille humaine une alimentation saine et de qualité, sans remettre en question les ressources naturelles de demain.

Le défi alimentaire : une priorité de ce siècle

En 2008, l’agriculture est revenue au cœur des enjeux de société, avec une focalisation médiatique de quelques mois autour de la crise alimentaire. Depuis, la crise financière puis économique a éclipsé la préoccupation alimentaire. Début avril 2009, le G20 s’est attelé à la refonte du système de Bretton Woods, débouchant en particulier sur un renforcement du rôle du FMI. Mais les politiques de libéralisation des marchés prônées par le FMI depuis des années ont-elles fait l’objet d’évaluation ?

Cette crise systémique n’est-elle pas l’occasion de revoir le système agricole dominant et de donner enfin la priorité au droit à l’alimentation et à la souveraineté alimentaire des pays ? Au même titre que la culture, ne faut-il pas invoquer le droit à une "exception agricole" ? Le défi alimentaire apparaît plus que jamais comme une des priorités de ce siècle. La volatilité des prix agricoles, l’attrait opportuniste que représentent les agro-carburants et la menace qu’ils font peser sur la production alimentaire, l’impact du changement climatique sur les zones agricoles ou encore la persistance de la faim dans le monde face au défi démographique sont autant de tendances lourdes qui doivent nous inciter à promouvoir une agriculture durable et solidaire au Nord comme au Sud, en terme économique, environnemental et social.

Lutter contre la pauvreté et la faim est le 1er des [huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)-> http://www.un.org/french/millenniumgoals] adoptés lors du Sommet du Millénaire qui s’est déroulé du 6 au 8 septembre 2000, au siège des Nations Unies à New York.

D’ici à 2015, réduire de moitié la part de la population souffrant de la faim. http://www.huitfoisoui.fr/

Liens utiles

- [CFSI - Comité Français pour la Solidarité Internationale->http://www.cfsi.asso.fr/netkali/CFSI.aspx?idItem=29&idDoc=248]